Migrations pendulaires

29 novembre 2008 photos 18 commentaires

Chroniques du rail, deuxième. Le quotidien du salaryman japonais n'est décidément pas une sinécure. Compressé dans la chaleur étouffante du wagon entre un autre salaryman se raclant régulièrement la gorge jusqu'� l'�?sophage, concentré sur sa console portable et sa simulation d'élevage de cheveux (!) et une lycéenne en uniforme blasée au regard vide, on pourrait être tenté comme elle de se laisser aller � une douce résignation, fermer les yeux et attendre son arrêt (pour moi le terminus) dans la marée humaine de voyageurs qui n'ont rien demandé et se retrouvent coincés comme vous avec des inconnus dans un wagon... Pires pour eux, ils sont même coincés avec un gaijin, un étranger.

Grave erreur ; méfions-nous de l'eau et du salaryman qui dorment. Au moindre mouvement brusque des voitures cette marée humain vous fera sentir d'abord le poids de tout ses Japonais déséquilibrés, puis les coudes des quelques résistants. Les voitures étant bondées et les Japonais souvent aussi costauds qu'une crevette mononucléosée, ils se laissent bien souvent (em)porter par le flux, et tant pis pour les malheureux au bout du rouleau wagon et du gaijin qui soupire dans son coin... Je suis persuadé qu'on peut se faire une déchirure ou un claquage dans les transports japonais en essayant de ne pas se comporter comme un flan lors des freinages et virages des voitures. J'espère bien ne pas en devenir une preuve vivante, mais pour ma peine et mes efforts héroïques dans la défense de la dignité humaines je récolte chaque jour de nouvelles courbatures et douleurs dans le bras.

Le pire reste pourtant � venir, et peut être annoncé par la tension soudaine que vous sentez dans le dos (quand vous êtes chanceux) de votre voisin � l'approche de la station ; il veut descendre. La mission d'individus vicieusement disséminés dans le wagon est de sortir, et vu l'empressement des congénères qui veulent rentrer ils font bien de se raidir. Il convient de repérer les signes avant-coureurs de l'activation de vos compagnons-zombies, vos futurs pires ennemis dans votre épique aventure pour aller au bureau. J'ai déj� signalé le raidissement, et il y a aussi bien sûr le rangement du journal/livre/magazine/portable/jeu électronique du prévenu, mais sur ma ligne les gens n'ont pas souvent la place de sortir quoi que ce soit, et ceux qui le font sont souvent silencieusement haïs par une bonne dizaine de personnes durant leur trajet. Il faut chercher plus en détail: le regard furtif et angoissé porté sur la montre-bracelet après un dangereux et fatiguant dégagement du bras pour le porter � hauteur de visage (mais attention, les tentatives de dégagement de bras sont souvent de fausses alertes genre grattage de nez), la convergence des regards des Restants vers un siège encore occupé (les Japonais étant meilleurs que vous � ce jeu par la force de l'habitude et leur capacité supérieure de lecture de visage d'un compatriote, fiez-vous � leur instinct) ou bien encore le blanchiment des jointures des mains enserrant l'attaché case ou le sac � main peuvent vous renseigner.

Une fois les Sortants en puissance les plus proches repérés, et en n'oubliant pas leurs éventuels complices que vous avez dans le dos (impossible de tourner le torse, trop de monde), il faut chercher du regard une planque pour s'y faire tout petit, un endroit permettant de maximiser votre sécurité, soit par l'assurance d'une prise solide soit par son éloignement des trajectoires futures des Sortants et des Entrants (attention, les Entrants sont souvent très entreprenants et n'hésitent pas � jouer du coude pour piquer une planque que vous auriez manquée ou s'en ménager une, même loin � l'intérieur du train). Que vous ayez trouvé une planque ou non, accrochez-vous � votre bagage et ne le lâchez sous aucun prétexte, il ne sera pas volé mais personne n'hésitera � le faire tomber et le piétiner puisqu'il n'a rien � faire sur leur chemin... Le mien peut témoigner.

Voil� , alea jacta est, ça part. Plus de raclements de gorge dégueulasses, de simulation de coaching d'équidés ou d'uniformes kawaii (mignon) qui tiennent ; les regards des Sortants prennent la fixité des démons déments et leur lutte muette contre les Restants et certains Entrants, les premiers comme les seconds évitant soigneusement de regarder leurs adversaires empressés, n'est pas sans me rappeler dans mes moments de pseudo-réflexion � deux yens (ie en ce moment presque 2 centimes d'euros, un record) la lutte des êtres contre la marche du monde et des sociétés...ou une migration de gnous.

PS: Aucun Japonais n'a été blessé durant la rédaction de ce billet

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Salaryman

16 novembre 2008 photos 185 commentaires

Déj bientôt 5 mois au Japon, dont 17 semaines de stage. J'ai envie de faire un petit bilan.

Donc, 5 mois. Environ 150 jours, 49 billets et plus de 500 photos sur ce site. Des milliers de choses curieuses raconter sur le Japon, auxquelles je pense et que j'oublie. J'ai du mal être régulier dans mes billets et ne rien oublier.

Par exemple, prenez mon nouveau stage. J'ai commencé il y a trois semaines, et il ne m'en reste que quatre. Trois semaines prendre tous les matins le train sur la 中央? Chuo Line bondée, plein craquer de salarymen empressés et souvent malpolis, dans lequel je médite sur la condition humain et celle des Japonais. On pourrait supposer un "contrat social" japonais qui expliquerait pourquoi les Japonais subissent tant dans les transports, autorisent le personnel de la gare les pousser dans les wagons pour que les portes ferment (souvent aux heures de pointe) et leurs voisins de les piétiner sans vergogne. Je n'ai jamais vu un Tokyoite se laisser aller, au travail dans les transports ou ailleurs, la galanterie ou la simple courtoisie gratuite. Mes collègues me laissent passer dans l'ascenseur, parce que je suis le petit stagiaire étranger et qu'ils sont habitués voir des stagiaires japonais craignant leur propre ombre et plus encore celle de leurs supérieurs pendant leur stage éclair de 2 ou 3 semaines. Mais tout autre statut leur est indifférent. C'est certes de la galanterie (délicieusement) surannée, mais beaucoup de Français cèdent parfois leur place, laissent passer un membre du beau sexe ou sont un peu honteux de ne pas le faire. Ici c'est différent, la société s'est mis d'accord pour faire la part belle au salaryman homme d'âge mûr (ojisan). Je suis loin de l'âge mûr, mais j'ai le droit au même traitement au travail. Dans l'ascenseur ou les lieux publics les femmes paniquent souvent quand je leur cède le passage, même lorsqu'elles sont plus proches de la sortie que moi. Souvent elle passent sans dire un mot, anxieuses et dérangées de mon comportement étrange... Bien sûr elles comprennent, mais elles sont surprises, et certaines collègues me disent "Ah oui, c'est vrai, en France c'est ladies first", comme on dirait en France "Ah oui, c'est vrai, au Japon ils mangent du poisson cru et ne mangent pas de pain", avec le même degré d'exotisme...

Donc, pas de galanterie, jamais, et d'après mon expérience une femme japonaise essaiera toujours de laisser passer ses collègues masculins sur son lieu de travail (ascenceurs, bureaux, ...), même les étrangers. Par contre le métro est un autre microcosme. L , c'est la jungle. Toujours pas de galanterie, mais pas de respect non plus. Les personnes âgées, les femmes enceintes, tout le monde s'en moquent comme de l'an quarante. Le salaryman japonais dont la rapidité et souvent la viciosité lui auront permis de trouver une place assise restera assis en toute occasion, sûr de lui, et les plus sensibles qui pourraient éprouver de la honte font semblant de dormir lorsque cela les arrangent. Ils n'hésitent s'asseoir que quand ils ont peur. Toujours selon mon expérience, il y a deux situations dans lesquelles cela arrive. La première: le salaryman entre dans le wagon avec son supérieur, pour aller/revenir du travail ou d'une sortie entre collègues. L , une place est libre, le salaryman l'offrira plus ou moins obséquieusement son supérieur. Deuxième situation: un étranger (gaijin) se trouve devant la place. C'est souvent moi dans mon histoire. Le Japonais moyen essaiera toujours de saisir une place libre dans un wagon, même si trois personnes sont manifestement en attente et plus proche de cette place. Mais le gaijin peut changer la donne. On me regarde souvent bizarrement dans le train, la dérobée, alors même que l'on est Tokyo. Voir un jeune occidental en costume aller au boulot en même temps qu'eux doit leur faire un effet étrange. Ajouter cela quelques habitudes que j'ai qui leur semblent bizarre, par exemple celle de m'adosser aux portes, aux parois ou aux barres, pour avoir un bon équilibre et pouvoir bouquiner tranquillement. Ici les wagons sont bien souvent divisés proprement en deux, chaque moitié du wagon regardant sa paroi, le milieu regardant le dos du voisin. Donc je me retrouve face face avec mes compagnons involontaires, et ils n'aiment pas toujours ça. Une autre habitude que j'ai est de soupirer quand je suis énervé ou fatigué. ?a m'échappe dans les transports quand je me fais quasiment arracher le bras par une horde de Japonais qui se bat pour sortir du wagon, et on me regarde comme si j'allais frapper tout le monde alors qu'un Japonais peut se racler la gorge et renifler de façon dégeulasse (c'est trèa fréquent chez les hommes) sans que personne ne le remarque.

Mais je m'égare. Donc, je disais, parfois je leur fais peur et ils n'osent pas s'asseoir quand un siège se libère devant moi. Je ne sais pas trop ce qui leur passe par la tête, mais toujours est-il qu'ils me dévisagent souvent avant de s'asseoir, ils ne doivent pas croire leur chance et se demandent pourquoi refuse le siège. Et bien au début c'était parce que je méprise ces petits jeux mesquins, maintenant je laisse une place libre pour faire un heureux et voir leur expression chafouine quand ils se rendent compte que non, je ne vais pas m'asseoir, même si je suis le plus proche, et que donc ils peuvent commencer donner des coups de coudes pour choper une place. Struggle to sit.

Je reviens mon quotidien: donc, dans le train, c'est bondé, tout le monde se marche dessus, ne s'excuse pas, et les gens bourrinent pour entrer dans les wagons déj blindés. Et tout le monde souffre en silence, tout le monde lutte pour entrer et sortir des wagons. Bien sûr, personne n'a le choix, mais en France de telles situations dégénéreraient vite en insultes voire en coups, ici on subit pour le bien collectif.

M'enfin... Mon nouveau stage est vraiment bien, je fais du benchmarking sur l'industrie nucléaire et ça m'intéresse. Comme dans mon ancien stage au laboratoire de recherche, il y a des petites musiques régulièrement, mais pas les mêmes, pour marquer le début de la journée, la pause, le déjeuner, et la fin théorique du travail. Ces petites musiques selon mes collègues sont un vestige du temps ou le travail chez Hitachi n'était que physique, et où il fallait régulièrement s'étirer, ce qu'on faisait en musique, ainsi que la gymnastique du matin. La lumière des bureaux est éteinte de midi midi 45, pour empêcher tout salarié de travailler pendant sa pause déjeuner. Sachant que les Japonais engloutissent leur déjeuner une vitesse effrayante, l'idée n'est pas inutile... Mais on trouve toujours des employés travailler, même sans lumière...

Voil , c'était un article aussi subjectif que cathartique, demain je repars pour une autre semaine en tant qu'apprenti salaryman.

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Takao

1 novembre 2008 photos 1 commentaires

Lieu de recueillement dans la montagne, avec une petite cascade en fond...et un lampadaire. Bien sûr. ?a, c'est très japonais.

Balade au ?尾山 (takao-san) mont Takao entre Français ce samedi. Petit mont, environ 600 mètres, mais couvert de forêts et de petits sentiers escarpés. ?a fait du bien de sortir un peu de la ville de Tokyo, ce n'est pas si facile quand on connaît la taille de cette dernière.

Il y a de nombreux chemins, par l'intermédiaire desquels on peut accéder des belvédères, aller admirer des singes, voir des cascades... L'attraction principale est bien sûr en automne les feuilles rouges, mais il est encore trop tôt début novembre.

Statue de jizo dans la forêt

?videmment il y avait des temples, avec parfois des statues de jizo, Bodhisattva chargé de sauver les âmes en peine. Ces statues représentent souvent au Japon des enfants avec des bavoirs et/ou des bonnets rouges, régulièrement changés par les familles ayant perdu des enfants la naissance. Le mont Takao est censé aussi être un lieu de méditation, où il est possible de voir des moines méditer sous les cascades... Si tant est qu'il y ait encore des moines faire ça, et dans des lieux aussi fréquentés, ils sont restés cachés.

Voil Poulpy !

La vue en haut duTakao est sympa sans être transcendante. Le mont Fuji est visible par temps clair, si l'on se trouve du bon côté, ce qui n'était pas notre cas. Nous voyions Tokyo la place, je vous laisse regarder les photos. ? savoir: on peut trouver des calamars grillés en haut du mont. Le mien n'était pas très grillé, et puis froid sur une montagne ça fait quand même étrange. La grande rasade de sake offerte dans des boîtes de bois est en revanche un très bon plan, et on peut garder la boîte.

Si vous cherchez un coiffeur, c'est au quatrième... On remarquera quand même que le petit cochon est attaché...

Fin de parcours assez classique: on se retrouve dans un petit restaurant de Tokyo, goûter des plats locaux plus ou moins connus...et plus ou moins ragoûtants. Nous avons échoué dans une glacerie très sympathique, et très bonne, caractérisée entre autres par la puissante manifestation qu'au Japon le client est vraiment Roi. La glace est préparée avec soin sous nos yeux, on nous demande quelle glace est pour qui de manière parler au bon client lorsque la glace est préparée (avec le détail du processus: "l je mets le chocolat", "je rajoute des cookies",etc.). Et cerise sur le gâteau, la petite chanson pour se donner du coeur l'ouvrage et mettre de la bonne humeur dans la file d'attente, car file d'attente conséquente il y avait. Forcément, un service personnalisé ça demande du temps. Jugez par vous-même de la qualité de l'animation, la vidéo est par ici. Pour information, il était 21/22h...

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Cucul

26 octobre 2008 photos 69 commentaires

Aujourd'hui, ?? chakai ("rencontre autour du thé") cérémonie du thé traditionnelle avec mon ancienne famille d'accueil, les Kawamata. J'ai retrouvé l'univers des jeunes célibataires/épouses/mères de familles/grand mères japonaises, qu'on avait beaucoup fréquenté Hirakata parce que les femmes japonaises ont souvent du temps et/ou parce qu'elles aiment les activités de groupe. J'étais content de retrouver cette ambiance, pour exactement les mêmes raisons qui m'en avaient lassé dans le Kansai.

Regards furtifs et chuchotements des plus jeunes, curiosité ouverte des mères de famille et franc amusement des aînées qui viennent presque me pincer les joues; le Français est dans la place ! Ma ?母??? okaasan (maman) de Yamato fait partie d'un groupe qui chaque semaine se réunit pour la cérémonie du thé, et peaufine cet art traditionnel japonais. J'étais donc "son" étranger, et elle était toute fière de me présenter: c'est l'étudiant Français que j'ai accueilli 2 mois la maison. Regardez, il sait-même les formules de politesse et tenir les baguettes, il parle même en Français quand on lui demande.

On me demande d'où je viens, je réponds "France", on tombe en pâmoison, on me dit que je parle bien japonais, on m'assomme de phrases très gentilles que je ne comprends pas, on ne comprends pas pourquoi je ne comprends pas alors que pourtant je "parle Japonais" (beaucoup de Japonais ont du mal concevoir qu'on puisse faire une phrase correcte dans leur langue sans être pour autant bilingue...), je me sens bête, et ma "maman" me regarde avec des yeux rieurs, on boit du thé, on mange des petits gâteaux, on me parle de la France, on parle de la cérémonie... C'est très cucul comme ambiance, mais côté de l'indifférence quasi-hostile que j'affronte tous les jours -et dès le petit-déjeuner- avec mes loustics du dormitory (hommes célibataires japonais ingénieurs), et bah c'est même agréable.

C'était sympa d'être parachuté au milieu de cette cérémonie, et puis c'est dans l'esprit: un proverbe japonais dit propos de cette cérémonie ????? ichigo ichie; littéralement "une fois, une rencontre"; toute rencontre est importante, car elle est peut-être unique.

Je commence bien assimiler le japonais parlé de tous les jours, tant et si bien que j'ai parfois du mal repasser en mode poli. C'est assez curieux; l'ambiance cette cérémonie était très cordiale, ça papotait, etc. mais tout le monde utilisait les formules de politesse complètes, juste le temps de la cérémonie.

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Retards

19 octobre 2008 photos 3 commentaires

Carte explicative dans un bar/restaurant japonais. Disponible en Japonais, traduite ensuite en un Anglais incompréhensible, puis partir de cette dernière version traduite Français... Je vous laisse agrandir la photo et déchiffrer !

J'ai accumulé quelques retards ces derniers temps. ?a n'était pourtant pas faute de temps en semaine, puisque je me borne au minimum syndical pour mon stage actuel, mais par flemme le soir, et des fin de semaine plutôt (heureusement) chargées. "Plus on en fait, plus on en fait", dit toujours mon frère, et l'inverse est vrai. Le soir je suis fatigué de n'avoir rien fait de ma journée, alors j'ai envie de ne rien faire pour récupérer.

D'où, retards. Retard dans les billets de ce blog, j'ai plein d'idées puisque je commence être au Japon depuis assez longtemps maintenant pour avoir des choses pertinentes dire sur la façon de penser des Japonais. C'est en réalité ce que je crois, chaque jour je crois tenir un aspect général et simple de la culture japonaise, le lendemain je le perds. Bien sûr je ne cherche pas des vérités monolithiques vous asséner, et ce n'est pas quelques contre-exemples qui freineraient le processus, mais je n'ai pas envie d'enfoncer des portes ouvertes ni d'écrire n'importe quoi. Je cherche des aspects simples de cette culture vous présenter, et sans vous gâcher le plaisir de la surprise je vais peut-être faire ça sous forme de préférences ou attitudes relatives, de comparaisons.

Par exemple, l'exemple anecdotique du créneau. Certaines voitures ici sont dotées de caméras l'arrières très utiles lors d'un créneau, mais ça n'est pas le sujet. Si ce dispositif est absent, un Japonais se garant préfère en général ouvrir sa portière pour vérifier son créneau que de regarder dans le rétroviseur. Pourquoi donc ? Une des premières choses qu'on apprends en auto-école en France est justement de pouvoir tout contrôler de la place du chauffeur. Les Japonais conduisent gauche (beurk) mais plutôt bien, et de nombreuses rues dans les villes de banlieues ici sont très délicates aborder en voiture au vu de l'urbanisme déplorable du Japon. Donc, pourquoi ouvrir sa portière ? Est-ce un désir de faire vite et bien ? De l'angoisse et un manque de confiance ? Je ne sais pas trop, pour ce genre de réponses il faudrait être dans la tête des Japonais, et même en essayant très fort j'ai bien du mal réussir ça. Le but de cette observation est ailleurs: ce qui m'a le plus choqué en voyant cette attitude (vraiment, je vois ça très souvent) est de réaliser que ce qui me retiendrais en premier lieu de faire ça en cas de doute relève plus de l'amour-propre (sûrement mal placé) que d'autre chose. C'est pourtant je pense assez dangereux de placer le chauffeur dans une position inconfortable en faisant ça, même pour un temps aussi court et vitesse réduite. Sur ce point précis je ne pense pas que ce soit un problème d'extrapoler, ne tenant pas plus qu'un autre sauver la face en voiture, et encore moins faire mon kéké; admettons donc que les Français hésitent beaucoup plus ouvrir leur portière au moment de faire un créneau (je parle de manière générale, pas en cas de problème particulier lors du créneau) parce qu'ils sont plus préoccupés de leur image que les Japonais. En cherchant un peu on peut trouver beaucoup de situations, surtout pour les hommes, dans lesquelles un Japonais ose beaucoup plus qu'un Français. On sait pourtant les Japonais très attentifs leur image dans la société, et leur conception de l'honneur. Je rappelle qu'il y a encore régulièrement des suicides au Japon pour des histoires d'honneur: des prisonniers se suicident dans leur cellule en expliquant dans leur lettre d'adieux qu'ils ont pris la mesure de leur crime et donc se donnent la mort pour se racheter, des hommes politiques ou des sommités du monde sportives qui assument leurs échecs, etc. Les Français ont peut-être tout simplement une conception de l'honneur qui leur fait confondre honneur et réputation... Je pense quoi qu'il en soit que les Japonais sont très soucieux de montrer leur capacité au travail et leur moralité, mais que l'apparence physique ou des attitudes qu'on pourrait qualifier de "cools", voire de "classes" les travaillent moins que les Français. Voil pour une ébauche de comparaison; je n'ai pas dit "les Japonais n'ont pas peur de ressembler rien", j'ai dit... Autre chose, que je n'arrive pas résumer proprement. Je vais quand même essayer, mais pas maintenant.

Lever de soleil sur la plage d'Enoshima.

Autre retard: mon étude du Japonais ! Sur cinq semaines, soit 25 sessions d'étude, j'en compte 17 de faites... Et plus d'une pendant laquelle la grammaire a été laissée de côté. Motivation, motivation...

Par ailleurs c'est presque confirmé; partir du 27 je change de stage, je pars pour les bureaux de Marunouchi, en plein Tokyo, faire du benchmarking. Et ça, c'est bien. J'aurais donc si ça se confrime chaque jour minimum 2h de transports de plus, et l je travaillerais peut-être plus que le minimum syndical, mais c'est pour le mieux: je ferais quelque chose d'un peu formateur, je pourrais peut-être même être utile, et puis je verrais des Japonais qui n'auront pas (trop) peur des étrangers. Donc, je croise les doigts.

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Hitachi

8 octobre 2008 photos 7 commentaires

Le kanji de l'eau, prononcé mizu ou sui et utilisé entre autres pour le mot mercredi (sui-yôbi).

Aujourd'hui, journée sans heures supplémentaires. C'est un règlement de la boîte, des employés passent pour s'assurer que les bureaux sont bien vides... Enfin c'est ce que mon collègue (en réalité le seul avec lequel je peux à peu près discuter) m'a dit, je n'ai vu personne. Hitachi oblige ses employés une fois par mois à partir à l'heure théorique de fin de journée, 17h, ça leur permet d'avoir une vie familiale une fois par mois.

Bon je suis méchant, mais après bientôt un mois chez Hitachi j'ai retrouvé des caricatures de Japonais dont j'entendais tant parler en France. J'ai déjà parlé de ce choc culturel, mais j'ai dû mal à m'en remettre. Les déjeuners sont engloutis en 10-15 minutes (montre en main), d'ailleurs le réfectoire n'est ouvert qu'un peu plus d'une heure pour 1000 employés, ce qui tombe bien car une bonne partie des employés mangent devant leur écran en travaillant. Le sérieux je veux bien, mais voir ça me fout le cafard à chaque fois. Dans le réfectoire beaucoup de gens qui mangent seuls. Très peu parlent, et les groupes sont unisexes.

Vendredi dernier un collègue est venu discuter, au bout de 3 semaines c'était la première fois qu'on ne faisait pas que répondre à mes questions directes. Le sujet de sa question ? Qui des Anglais ou des Allemands sont les moins aimés en France. J'ai naturellement et sans réfléchir répondu que les Anglais étaient les ennemis traditionnels des Français, ce qui ne l'a pas du tout satisfait. Il était naturel pour lui que les Français en veuillent plus aux Allemands après les nombreuses guerres et tensions de ces deux derniers siècles entre les deux pays, ce qui est compréhensible, et est reparti avec ce même avis sans me laisser le temps de lui expliquer qu'il n'en était rien.

Le laboratoire est situé au milieu d'un grand parc, beau mais très mal entretenu, où j'ai pu apercevoir un chien viverrin (racoon dog pour nos ennemis amis les Anglais). ?a suffit à rendre une de mes journées intéressante en ce moment, je n'en demande pas plus.

Bon je ne me laisse pas non plus abattre, heureusement le débit de la connexion internet du dormitory est top.

                                                  \(^_^)/

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Sumo

29 septembre 2008 photos 2242 commentaires

Samedi dernier je suis allé assister à un match de sumo. Très impressionnant, autant la performance des sumotori (lutteurs sumo) que le respect et l'adulation que l'on sens chez les spectateurs. Les sumotori sont traditionnellement associés à des modèles de vertu et considérés comme plus proche des dieux que les autres Hommes. Ici pas besoin de protéger les stars par des barrières, je n'ai pas entendu un seul cri contre un lutter, mais au contraire les gens se pressaient (en bon ordre) pour s'approcher des lutteurs et les toucher. Le sumo est un sport entouré de nombreuses cérémonies et tradition, et jusqu'à récemment préservé des scandales de dopage, de pots de vin et autre joyeusetés dont les journaux occidentaux regorgent depuis un bon nombre d'année.

Oui, c'est bien un sumotori Samsung, la publicité est partout. A l'issue de certains matchs et grâce aux sponsors l'arbitre remet en main propre au vainqueur une enveloppe avec une certaine somme d'argent.

Pourtant depuis l'année dernière et un scandale lié à la mort d'un élève lors d'un entraînement, rien ne va plus. Au début du mois une grande première: trois lutteurs russes ont été contrôlés en possession de cannabis. Ils ont tous les trois été renvoyés de leurs écuries (oui, on dit écurie pour le lieu et l'institution dans lesquels les lutteurs sont entraînés) et exclus à vie de ce sport. Le dirigeant d'une des écuries a démissionné en s'excusant (à la place de son élève) d'avoir déshonoré le milieu du sumo. Il n'avait rien à voir dans l'affaire, mais c'était selon lui une question d'honneur. Depuis rien ne va plus: un des lutteurs exclus pleurniche pour revenir, a porté plainte, et dénonce maintenant des matchs truqués et arrangés, prétextant qu'il veut "aider à nettoyer ce sport".

Le sumo est donc de plus en plus critiqué, et de plus en plus délaissé par les Japonais... Quoi qu'il en soit on sentait une vrai ferveur des spectateurs présents ce week-end, et certains sumotori avaient un fan club féminin conséquent, des vrais groupies qui criaient et scandaient leur nom à leur apparition !

Je vous laisse regarder les photos, moi j'ai beaucoup aimé. Les matchs étaient très courts, en moyenne moins d'une minute, parfois même moins de 3 ou 5 secondes. Ne vous étonnez pas de voir des maigrichons combattre, ils sont encore en entraînement !

J'ai deux petites vidéos: la première est une lutte, assez longue et j'ai eu la chance d'en filmer une avec projection au sol, la seconde montre le champion de la journée avec un arc... Un genre de cérémonie sûrement, mais j'ai rien compris.

Sources:
Le chef du sumo japonais démissionne (Le Figaro)
Combats de sumo truqués (France 24)
Sumo: une fière tradition japonaise... (France 24)

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Choc culturel

21 septembre 2008 photos 5 commentaires

Pas de photo pour ce billet, donc je mets un kanji. Très commun, ce kanji peut signifier soleil, journée, et est utilisé dans le mot dimanche (nichi-yôbi).
Comme tous les jours de la semaine au Japon, le nom nichiyôbi est inspiré de la nomenclature occidentale (sun-day, Sonn-tag,etc.).

Je me suis confortablement installé dans mon nouveau dormitory. Logement fourni par Hitachi, 130 hommes célibataires y résident et travaillent au laboratoire de Kokubunji. Je suis très chanceux; Hitachi a construit ce logement lors de la bulle financière des années 90 qui lui a beaucoup profité ( bulle de la "nouvelle économie"). Il est donc très confortable par rapport aux autres dormitories japonais: j'ai une chambre d'une dizaine de mètres carrés, un mini réfrigérateur, un lavabo et une douche personnelle. Tout sent le neuf et le bois, et je peux profiter d'une bibliothèque, une salle de TV, une salle de sports et même un grand bain ouvert au résidents, type sentô. J'aurai même internet dans environ une semaine. Là encore coup de chance: les fournisseurs d'accès à internet se battent en ce moment pour capturer les clients du coin, et pour ça ils offrent à tout-va des mois gratuits, sans engagement ultérieur. Je vais donc avoir internet pour 3 mois, sans engagement, et quasiment gratuitement.

Pour le logement donc, c'est la vie de château. Pour le boulot c'est une autre paire de manches. J'essaie de régler ça avec les ressources humaines, mais j'ai été placé dans un service de micro-électronique; mes collègue m'ont passé des bouquins de physique/électronique, et je dois me débrouiller pour être utile. Forcément c'est impossible, ce sont des Ph.D. et je n'ai pas fait de physique depuis la terminale, sans parler de mes problèmes personnels avec les mathématiques. Mes collègue sont les ingénieurs japonais les plus "ingénieurs japonais" du Japon. J'étais venu de France il y a bientôt 3 mois avec beaucoup de clichés en tête sur les Japonais et leur manière de travailler et de communiquer. J'avais été agréablement surpris chez IBM puisqu'on m'avait décrit les Japonais en général difficile d'accès... Et bien je crois que j'ai trouvé des "vrais Japonais" chez Hitachi! Je suis le premier stagiaire et le premier étranger dans mon service et mes collègues ne savent pas comment me gérer. Ils sont très sympathiques, mais la communication est très difficile. Par exemple pour me parler d'une réunion/sortie entre collègues je les entends discuter entre eux pendant un bon quart d'heure, désigner quelqu'un pour enfin venir m'en parler. Et les autres de m'observer avec curiosité tandis que j'essaie de comprendre ce qu'on peut bien vouloir de moi.

Enfin, après tout je suis là pour ce choc culturel, mais j'ai été très surpris de le ressentir après 3 mois passés sur place ! Je serai peut-être muté le mois prochain, en attendant je vais faire de mon mieux en alignant des 0 et des 1.

Par ailleurs ce week-end j'ai passé une nuit chez des amis à Kamakura, au sud de Tokyo et au bord de la mer. Réveil ce matin vers 7h10 par un petit tremblement de terre, sympa. Imaginez vous dans un lit (j'étais par terre sur tatami, mais c'est pour l'image), et un comique s'amusant à secouer le lit de toutes ses forces. Sauf que là vous n'avez pas l'impression que la lampe au-dessus de votre tête bouge, elle bouge vraiment...

Avec mon hôte nous avons pu faire une petite balade de quelques heures en vélo dans le coin de Kamakura / Enoshima...sous la pluie diluvienne, la faute aux typhons qui n'arrêtent pas en ce moment. Dans la région de Tokyo nous ne subissons heureusement que la pluie. Un peu marre d'être trempé tout le temps, contre ce genre de pluie les parapluies ne servent à rien.

Pas moyen de louer un DVD au retour; le magasin demande un numéro de téléphone. Comprends pas. J'ai un passeport, une ??人???? gaikokujin card, littéralement une carte d'étranger, ie de résidence, et une adresse valide. Pourquoi un numéro de téléphone ? J'en ai un, mais mon portable était déchargé et je connais pas bien mon numéro. N'importe quel clampin peut avoir un numéro de téléphone au Japon, donc pourquoi ? Avoir une carte de résidence et une adresse n'est par contre pas donné à tout le monde...

Même topo au pressing dans lequel je viens rechercher mes chemises, mais là le coup du  pauvre étranger qui ne comprend pas a marché... En sortant m'est venu une pensée terrible, une des plus paniquantes que je connaissent... Ma clé ? Hein ? ?? doko ? Où ? La fille du magasin de DVD avait raison de ne pas croire en mes garanties, je suis SDF. J'ai dû la laisser chez mes amis, elle est peut-être tombée lorsqu'on a mis les affaires détrempées à sécher. Après une recherche approfondie je conclus que ma clé est bel et bien perdue.

Solution 1: M'introduire chez moi par la fenêtre. Avec la pluie battante et l'étage, mieux vaut ne pas essayer. Et puis j'ai consciencieusement fermé cette fenêtre à clé avant de sortir.

Solution 2: revenir chez les mes amis les Yamazaki. Mais mon portable ne fonctionne pas, pas moyen de les prévenir que je reviens, et ça fait plus de 4h aller-retour avec mes chemises, mes courses, etc.

Solution 3: Le gardien... En vacances le dimanche. Je sonne quand même, de dépit. Et là, miracle, l'épouse du gardien est là, un dimanche soir ! Dieu bénisse les Japonais, j'ai pu avoir une clé de rechange.

Home sweet home ! J'ai pu refaire sécher mes savates et mes habits, le typhon n'ayant pas cessé là-bas au sud. Ma chambre va encore sentir le détrempé, cette pluie commence à être agaçante...

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Lock Up

14 septembre 2008 photos 1 commentaires

Dans ce restaurant, on a vue sur les voisins à travers les barreaux...

Petite sortie très...tokyoite. Formule classique Izakaya, en gros plusieurs petits plats dégustés en commun, mais le lieu était différent des restaurants aux murs de bois et de papier habituels. Le nom: le Lock Up. Avec un nom comme ça il fallait s'attendre à quelque chose de...spécial, et nous avons été bien servis.

Arrivée dans la cave, tout est noir et on entend des bruits étranges. Hurlements, bruits de chaînes: des choses bougent dans l'ombre, sur notre passage. Soudain du bruit, de la lumière, on se retrouve face à un mort vivant en plastique dans un cage qui se débat pour quitter sa chaise électrique... charmant. On arrive à la porte proprement dite, et sur notre choix on choisit un leader pour le dîner. Ce dernier est promptement menotté par la serveuse (pas très enthousiaste mais on peut comprendre, ça doit être lassant à la fin), et tout ce petit monde trouve une table dans une des nombreuses cellules du restaurant.

Le grand méchant loup vient effrayer les clients de temps en temps.

Murs décrépis, taches de rouilles, barreaux, portes de prison (mais toujours avec le petit meuble pour y poser ses chaussures avant d'entrer dans la cellule, restons Japonais), serveurs zombis qui surgissent lorsque les lumières sont subitement éteintes: ambiance, quoi. Les cocktails étaient particulièrement réussis, entre éprouvettes, seringues ou oeil flottant dans la liqueur.

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Du Bellay

12 septembre 2008 photos 8 commentaires

Déjeuner à la Japonaise avec les collègues.

Dernier jour chez IBM. C'était vraiment sympa, j'aimais bien l'ambiance. Déjeuner dans une salle traditionnelle avec l'équipe; dans les bâtiments du laboratoire il y a  une pièce dédiée, pour les clients importants ou les occasions festives comme celle-ci.

Parfois c'était fatiguant bien sûr; petits exemples de mes craquages sur mon petit ordinateur dans le grand open-space...

Liste de mots à décomposer en phonèmes, mots que vous imaginez bien choisis:


Ceci est une tranche de PHP (qui marche) écrite sous l'effet la fatigue nerveuse et du manque de gâteaux (comment ça, blague de geek ?):

        $pudding = file_get_contents($workFile);
        $lines = explode("\n",$pudding);
        $morceaux = explode("\n",$pudding);
        foreach($morceaux as $morceau)
        {
          $petitsMorceaux = explode("\t",$morceau);
          [  .   .   . ]
          $morceau = implode($petitsMorceauxEcrases,"\t");
          $morceaux[] = $morceau;
         }
        $pudding = implode($morceaux);

J'ai beaucoup travaillé mon français, histoire de réviser mes classiques en éduquant mon petit programme. Donc je lui ai fait ingurgiter une bonne partie des fables d'Esope et de Lafontaine. Exemples:

J'ai aussi dû expliquer à mon équipe (et implémenter ça dans le code de la bête) le gestion des syllabes en Français; "Heureux qui comme Ulysse" de ce bon vieux du Bellay m'y a bien aidé: tout en alexandrins bien carrés c'est plus facile pour entraîner le logiciel. Parce que je lui dois bien ça, et parce que c'est un très beau poème:

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.


Joachim du Bellay

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A l'arrache

11 septembre 2008 photos 3 commentaires

Juste pour vous rassurer sur la réputation des Français d'être toujours à l'arrache; je la défends bien, et ma famille d'accueil stresse toujours de ne pas savoir combien d'amis je vais retrouver quelques jours plus tard, à quelle station et à quel heure. Je trouve les Japonais assez curieux de nature, mais c'est renforcé par le fait qu'ils me posent la même question 10 fois de suite dans la journée, puisqu'ils pensent qu'il y a un problème si l'on ne connaît pas son agenda pour les 2-3 jours qui viennent sur le bout des doigts.

Quand ils font une soirée, une sortie ou un repas les Japonais désignent souvent des responsables le groupe, et sont donc très efficaces dans l'organisation. Par contre ça devient vite impossible d'opérer le moindre changement de programme. Moi qui décide le vendredi soir vers minuit ce que je vais faire le lendemain et avec qui, ça empêche ma famille de dormir. Ils ne veulent pas savoir ce que je fais, ça ne les intéresse que moyennement, mais l'important est que je sache quoi faire.

D'après ce que j'ai vu le loisir idéal du jeune Japonais est un loisir de groupe, organisé et régulier. On voit d'ailleurs même le week-end beaucoup de collégiennes/lycéennes en uniforme qui rejoignent leur club (en gros, l'équivalent des associations en école) lié d'une quelconque manière à leur établissement.

Je me suis rendu compte le 10 que le dernier jour de réception du formulaire d'inscription du JLPT était le 12, et qu'il fallait acheter ce dernier dans des librairies spéciales. Heureusement que ma famille était là, cette fois-ci c'était vraiment trop juste. J'ai pu faire ce qu'il fallait grâce à mes hôtes, à savoir acheter le livret dans la journée, le remplir et l'envoyer le 11 au matin. Je trouve d'ailleurs complétement débile de la part des organisateurs du truc de ne pas toujours proposer des traductions pour les champs à remplir; ce test n'est autorisé en théorie que pour les étrangers, donc pourquoi tout mettre en Japonais ? Bon j'ai pu finalement remplir tout ça, et je suis maintenant officiellement inscrit à l'examen du JLPT, niveau 3, session du 7 décembre 2008... Il ne reste plus qu'à bosser pour ne pas me rater.

Objectif en 10 semaines: 1500 mots de vocabulaire, 300 kanjis (tracé, sens et 2 lectures minimum pour chaque caractère) et environ 500 points de grammaire.
C'est faisable si je bosse (je ne suis pas convaincu de l'interêt de cette dernière phrase).

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Onsen

7 septembre 2008 photos 2 commentaires

Petits effets de lumière sous la pluie

Petit Onsen dans la région de Chiba avec les Anciens de l'ESSEC travaillant à Tokyo, Onsen et repas gracieusement offert par l'association des ESSEC au Japon. C'est fou ce que le Onsen peut paraître naturel après seulement 2 mois  et demi au Japon: au bord de ces bains d'eau chaude, sous les arbres, on peut vraiment profiter de l'été japonais. La moindre sortie par 35 degrés à l'ombre se solde vite en effet par un repli stratégique dans un bâtiment climatisé, et on finit très vite en nage. Les bains publics (sentô) et les bains dans des sources naturelles d'eau chaude (onsen) sont très répandus au Japon, autant comme moyen traditionnel de socialisation et à usage hygiénique (plutôt pour le sentô) que comme moment de détente.

 Remarquez la poutre posée sous le portique; c'est pour empêcher les esprits de passer, car ils sont censés avoir les deux pieds attachés.

Ensuite balade dans la nature sous la bruine; plusieurs cascades étaient visibles, ça faisaient du bien de trouver vraiment de la verdure. Pour cela il faut vraiment beaucoup faire de transports: 4 heure ce jour-là, mais ça valait vraiment le coup. On a pu voir quelques vieux bâtiments et quelques tombes. Remarque amusante dans le groupe: au Japon la plupart des lieux sont vraiment très propres, mais les cimetières sont souvent jonchés de canettes de bière ouvertes... Et bien la bière est pour les morts, et on doit ouvrir la canette pour leur permettre de boire, tout simplement !

Absolument rien à voir, mais au retour j'ai pu constater une nouvelle fois l'organisation des Japonais pour les transports en commun. J'ai eu du mal à m'habituer à l'idée que les trains s'arrêtaient toujours au même endroit exactement, et que donc les Japonais font la queue même en attendant le train. Alors c'est déjà rigolo à voir, mais le plus édifiant est que les gens ne grugent pas souvent, et si la file est trop longue pour la voie une nouvelle file se forme à sa gauche, qui rentrera dans le wagon après la file originelle, et ainsi de suite.

Par ailleurs, et toujours sans aucun lien, l'insigne ci-dessus, ça ne vous dit rien ? Ici c'est une université...

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Tôfu Fiesta

6 septembre 2008 photos 2 commentaires

Je n'ai pas encore les photos, il faut que je les soutire à ma famille d'accueil

Ma famille m'a invité dans un restaurant traditionnel des environs de Yokohama. Entrée en pierre avec un petit arrangement floral qui va bien, comparant la pureté d'une boulette de riz et de la lune, longs couloirs silencieux décorés de façon très minimaliste, salles d'une table de 4 ou 5 personnes et le must selon moi: les portes d'environ 1m50.

On m'a expliqué que les salles traditionnelles dans lesquelles on prenait le thé étaient délibérément basses (dans les 1m80 - 2m) et les portes très petites (encore plus à l'époque, environ 1m - 1m20) de façon à éviter les combats à l'épée. En théorie le ?? katana devait bien sûr être laissé à l'entrée du bâtiment, mais il faut croire qu'ils ont eu des problèmes. La cérémonie du thé étant un cérémonial politique très important, ces petites portes agissaient comme un portique détecteur de métaux; tout le monde, même les plus grands samurais, y entre à genoux, en avançant avec les mains. Pas très classe me direz-vous, mais essayez-donc de vous agenouiller avec une arme de plus de 60 cm planquée quelque part sur vous, puis ensuite de la dégainer efficacement (debout, pour faire les choses bien), quand on sait que la lame du katana n'était que légèrement courbée.Je trouve ça génial d'imaginer des samourais crapahuter pour prendre leur thé peinards, même si bien sûr le risque zéro n'existe pas.

Le repas était grandiose, ce que je croyais au début être un papier racontant l'histoire du restaurant s'est révélé être le menu, 15 plats quand même. Les Japonais mangent beaucoup de cette manière, avec plein de petits bols ou assiettes dans lesquels on pioche en désordre. Beaucoup de spécialités au tôfu, que je commence peu à peu à apprécier, même si ça reste fade à mon goût.

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Art de vivre

1er août 2008 photos 3 commentaires

Hum, y a bon la banane enrobée de sucre rose aromatisé à la fraise...

Petite sortie sur Tokyo pour assister à un festival de Jazz. Il s'est trouvé par hasard que le nom du festival était « French Jazz Quarter », et que les paroles de certains morceaux étaient en français. Plutôt agréable de boire une bière en écoutant du Jazz dans une rue de Tokyo, alors qu??il fait dans les 30 degrés et qu'il pleut (ambiance tropicale en ce moment). Comme dirait l??autre, c??est un art de vivre.

Dans l'après-midi j'ai aussi pu subir la pluie torrentielle avec des amis par un bon 27 degrés, et dans la soirée un festival de samba... C'était sympa finalement, les Japonais sont assez rigolos à voir quand ils se lâchent dans ce genre d'occasions.

Par ailleurs et en vrac: cette semaine j'ai utilisé ma cash card (les cartes bleues, credit cards, sont très peu utilisées ici et beaucoup de magasins n??ont même pas de quoi les lire). Donc j'ai trouvé un distributeur (ATM, Automated teller machine) de billets pour voir la couleur de mon premier salaire. Les ATM japonais sont un peu curieux. Longtemps inopérants le week-end et le soir à partir de 20 heures environ (la machine se repose ?), ils sont maintenant disponibles 24h sur 24 sous l'influence de la concurrence et de la première banque au Japon qui a libéré ses ATM. Mais vous payez un surcoût si vous retirez votre argent tard le soir ou le week-end... Le distributeur de la Yokohama Bank que j'ai utilisé n'avait que des menus en kanjis japonais, bonjour la galère. Après quelques essais au hasard et mon code tapé deux fois s??est affiché un message que je comprenais à peu près...qui m??annonçait qu??il ne me restait qu??un essai avant de me faire avaler ma carte. C??est là que l??ergonomie est importante, je ne sais pas si c??est universel ou inspiré des interfaces occidentales mais le bouton ??arrête tout et rends-moi ma carte?? était bien situé en bas, dans un coin, avec une couleur plus chaude que les 7 ou 8 autres boutons. Heureusement les Japonais sont gentils et j??ai pu me faire aider, mais c??est quand même curieux pour une banque de ne rien proposer en anglais.

En vrac, deuxième; au boulot mon manager et moi avons trouvé ce qui clochait avec cette saleté de Romanizer (si,si, souvenez-vous, c??est le programme que mon manager est en train de développer et sur lequel j??aide à la transcription des mots français dans le syllabaire des katakanas japonais). Et bien cela n??est finalement pas dû au vocabulaire ESSEC que j??avais entré en masse juste avant que les capacités d??apprentissage du programme ne stagnent puis ne régressent ...Ce en quoi il aurait pu avoir le même problème que le préparationnaire moyen entrant en école, les symptômes sont entre autres une soudaine imperméabilité à tout nouveau savoir et une perte importante de vocabulaire. Dans notre cas l??ensemble des mots prononcés convergerait vers {déglingue, nobode, chope, pichet, ça part} et quelques mots indispensables à tout vie étudiante plus ou moins saine (pâtes, faim, soif, dodo, cours...). Donc ça n??était pas ça, la machine sur ce coup là a été meilleure que l??Homme et a tranquillement rangé et scindé ces nouveaux mots pour améliorer son français... Enfin en même temps, scindé ca donne dé(??) gu(?) ra(?) n(?) gue(?) et c??est pas très enthousiasmant*. Non, le problème était dans le processus de scission des mots, on est en train de régler ça. Je m??y remets après ce billet, qui d??ailleurs est fini.

*Et en binaire (base 2), comme vu par la machine, ca nous donne très exactement 01100100 01100101 01100111 01101100 01101001 01101110 01100111 01110101 01100101. C'est aussi 64 65 67 6C 69 6E 67 75 65 en base 16... Oui, je sais, je n??ai rien de mieux à faire, alors je mets à profit mes cours de maths de lycée pour rédiger de longs billets. La quantité justifie les moyens.

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Ueno

Dimanche 17 août 2008 photos 0 commentaires

Hum... On est allé Ueno, mais on est vite partis puisqu'ils pleuvait. A noter ce jour-l , la température de 23°C qui est je crois la plus basse depuis mon arrivée au Japon. Bah ça fait du bien,et puis avec la pluie je me sentais la maison (^_^).

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Nouilles flottantes

Samedi 17 août 2008 photos 1 commentaires

Petit な??そ???? nagashi soomen (nouille flottantes) sur les bords de la rivière Tanagawa avec les collègues. Le concept est assez étrange: prenez des bambous coupés en deux dans le sens de la longueur, fabriquez un aqueduc avec un tuyau d'arrosage, balancez-y des somen (nouilles), et ça part... Les camarades en contrebas attendent et bondissent avec leurs baguettes pour ne pas les rater, les trempent dans leur verre de sauce et les engloutissent. Voyez plutôt les photos...

J'avais amené environ 30 crêpes faites la veille avec les ? Kawamata, ma famille d'accueil. C'était une belle soirée crêpes, avec tout l'équipement (dont la rosette, difficile trouver dans le coin), et du beurre salé, tout ça avait un bon goût de nostalgie. Les crêpes suintants le beurre fondu (ou autre) manger avec les baguettes, je crois qu'ils s'en souviendrons...

La nouilles-party s'est terminée par un feu d'artifice de la ville qu'on voyait au loin (très japonais les explosions en forme de smileys, paraboles, coeur...), et les collègues ont sorti les petits feux, certains étaient un peu éméchés et c'était plutôt marrant de voir les "top managers" courir et sauter pieds joints avec leur feu la main, pendant que d'autres répétaient des gestes de golfs dans leur coin...

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Ce matin..

9-10 août 2008 photos 15 commentaires

Soleil levant sur mer de nuages...

...j'ai directement vu mes cheveux (je veux dire, alors qu'ils sont encore sur ma tête) pour la première fois, si je me souviens bien, de ma vie. Il faut que j'aille les couper. Voilà, c'était le truc important de ce billet.

Par ailleurs ce week-end je suis allé grimper le ?士山 mont Fuji avec mes camarades de promo en stage au Japon. Au programme montée du versant nord de nuit, une fois au sommet lever de soleil à 5h environ, puis descente au petit matin.

C'était plutôt mal parti. Sur trois personnes partant de Shinjuku (12 h, 35 °C) en train, deux par oubli ne pouvaient pas prendre de photos. On s'est aussi trompé de train et on a bien galéré avant d'arriver à la gare de 大????otsuki (15 h, 25-30 °C), dernière étape avant le pied du mont. Une fois arrivés il se met à pleuvoir, puis a grêler (par cette température, je n'ose pas imaginer la taille de départ des grêlons). On nous annonce en sus qu'à cause de l'orage tous les trains pour le Fuji sont annulés.

Heureusement après 2 heures d'attente on peut finalement rejoindre le mont en bus. On arrive alors à Kawaguchiko (18 h 30, 20 °C, 1000 m d'altitude), là on rejoint les autres étudiants et tout ce petit monde prend le bus pour Gogome, la 5 ème station du mont Fuji (sur 10, la dixième étant le sommet); ce qui porte notre petit compteur -que vos avez maintenant sûrement remarqué- à 21 h, environ 10-15 °C, et 1800 m d'altitude. Ayant rêvé de froid depuis mon arrivée au Japon je fais moins le malin en T-shirt avec 25 degrés de perdus en une demi-journée.

21h donc: départ dans le noir pour la montée, qui commence...par une descente, on a quand même dû demander "où était le haut" à un Japonais qui passait. Je retrouve vite de la chaleur en marchant, et ça avance pendant un moment jusqu'aux premiers endroits escarpés où il faut faire des pieds et des mains pour avancer... Là les grimpeurs ralentissent, et ça a été le début d'une looongue galère a piétiner, avoir de plus en plus froid et ne pouvoir se réchauffer en marchant vite puisque ça bouchonne devant, derrière et sur les côtés. En bon Français nous essayions de doubler les groupes immobiles du 4ème âge plantés là à écouter leur guide leur donne l'heure, mais ça n'était pas toujours possible. J'ai fini les 2 dernières heures avec mes 4 couches de vêtements plus mon imper, transi de froid à manger mes ?に??? onigiri, boulettes de riz, avançant en file indienne comme un manchot en migration.

Au sommet. Héhé...

Bref, dès les premières lueurs de l'aube et lors de notre arrivée au sommet tous les grimpeurs se sont assis pour prendre des photos du soleil levant, ça a mitraillé sévère pendant une bonne demi-heure, et je n'étais que trop content de me réchauffer un peu au nouveau soleil (5 h, 0 °C et 3800 m). Montée de 8h donc, ralentie par tout ce monde.

La descente est assez sèche !

Ayant un bus à prendre et une foule à éviter nous sommes redescendus aussi secs après avoir pris quelques clichés du cratère, et en 40 minutes je suis passé de "transi de froid avec 2 T-shirts, un polo d'Ecole corporate, un pull et un imper" à "je crève de chaud en T-shirt", la descente s'est faite en 3h et nous avons fini avec un bon mal de crâne et des jambes en mousse.

Le retour en bus et train a été très nébuleux, je me suis endormi à chaque fois que je le pouvais... Malheureusement aussi quand je ne le pouvais pas, donc j'ai mis du temps à retrouver la maison.

J'ai appris une fois rentré que les jolis éclairs que nous avions pu voir cette nuit-là avaient tué sur le coup un grimpeur japonais de 52 ans au niveau de la sixième station sur le versant sud, c'est à dire à mi-course... ?a fait très bizarre rétrospectivement.

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Papier peint

Vendredi 8 août photos 0 commentaires

Petite promenade lors du festival des??ぼ??ぼ????bombori, genre de lanternes entourées de papier japonais peint. Il y avait de tout comme toujours au Japon, de la calligraphie japonaise aux dessins de maternelles en passant par des impressionnismes approximatifs et des dessins de mangas.

C'est difficile à prendre en photo, avec le flash on voit une surface blanche unie sans le jeu d'ombres dans lequel réside une bonne part de l'intérêt, et sans la photo est floue...

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PIT vs RSF

Vendredi 8 août photos 58 commentaires

Certains disent que notre cher Président s??apprête courageusement ignorer les menaces terroristes en assistant ce soir la céremonie d??ouverture des Jeux. D??autres qu??il suit lâchement l??exemple d??autres dirigeants, Bush en tête, en n??ayant justement pas le courage de boycotter les Jeux.

On rapellera quand même que Reporters sans frontières a été interdit de manifestation hier a Paris près de l??ambassade chinoise, et que son site a subit une attaque le même jour, dont bien sûr la provenance n??a pas encore été déterminée... Dans le même temps le Parti islamique du Turkestan menace toute la population chinoise et les personnes présentes a Pekin Beijing pendant les Jeux. Le PIT et RSF sont donc ici d'accord pour boycotter les Jeux chinois, et exigent une réaction qui sera courageuse quelque soit l'issue, mais d'un courage politique de nature différente. Je ne sais pas pour vous mais moi j??ai plus envie de contrarier la Chine que les terroristes pour l??instant, justement parce que la Chine me fait plus peur que ces derniers...

Ce ??soir?? donc (notamment pour le Japon et pour la Chine), 08:08 le 08/08/08 les Chinois ouvriront les Jeux Olympiques de 2008. Pour la petite histoire le chiffre huit s??écrit ?en idéogramme (le même en chinois et japonais), idéogramme qui signifie également ??chance??. Personnellement je serai un festival traditionnel japonais, mais la Chine a l??air d??avoir mis les petits plats dans les grands pour cette céremonie d??ouverture.

PS : A l??heure ou j'écris ces lignes (13h heure japonaise, je suis au bureau), je tangue un peu sous l??effet d??un petit tremblement de terre. C??est fun ce niveau la, ma chaise roulettes bouge un peu et ça fait un effet bizarre l??estomac, mais rien de plus. C??était un ???? jishin (tremblement de terre) de magnitude 4.5 sur l??échelle de Richter dont l??épicentre était a Tokyo, ici nous avons donc eu du 3 sur 12.

Sources:
http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=76385
http://www.ledevoir.com/2008/08/08/200728.html

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"Pas la Nintendo, c'est au petit"

Dimanche 3 août photos 2 commentaires

Retour à Enoshima pour une après-midi plage dimanche. Les Japonais adorent se baigner donc il y avait foule, et malgré la proximité des méduses (électriques) et des baigneurs (nombreux) c'était plutôt agréable de pouvoir retrouver la mer.

J'ai enfin pu goûter au genre de gaufre/chips de pieuvre, c'est pas mauvais et plutôt épicé.

J'ai fait l'acquisition d'une Nintendo DS et d'un dictionnaire anglais/japonais qui reconnaît les kanjis au tracé (et ça c'est top parce que chercher pendant 10 minutes le moindre kanji dans un dico papier c'est vite énervant; il faut compter le nombre de traits, ce qui n'est pas toujours évident, et/ou repérer une clef graphique qui peut parfois aider a la recherche). Avec cet outil j'ai juste a tracer le kanji, le logiciel reconnaît même les plus maladroits si les traits sont dans le bon ordre. Pour les kanjis complexes je dois parfois m'y prendre à 3 ou 4 reprises parce que je ne connais pas encore bien cet ordre, mais c'est vraiment pratique. Par ailleurs je peux bien sûr entrer un mot en anglais ou en kanas phonétiques, la traduction s'affiche avec des exemples d'utilisation, etc. Enfin je peux faire des 'cartes', des paires de mots sélectionnés pour que le logiciel me fasse réviser.??Il ne me reste plus qu'à comprendre la notice (en japonais bien sûr) pour utiliser toutes ces options...

La console plus le jeu m'ont coûté moins cher que la console seule en France, et la DS est moitié moins cher qu'un dictionnaire électronique avec (au doigt mouille) les mêmes fonctionnalités de traduction que le jeu en question. Et puis bien sur je peux jouer avec :-).

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Djeun's

27 juillet 2008 photos 4 commentaires

Quand on parle du Japon, on pense souvent la fameuse "harmonie entre le passé et la modernité", lieu commun et consensus servant meubler les conversations tournant autour de ce pays.

Il est vrai que c'est très curieux pour un Français de constater l'urbanisme inexistant original des Japonais: Tokyo on peut voir des temples calés entre deux buildings, des moines se balader mobylette pour faire l'aumône et des caractères de parc d'attraction côtoyer des jeunes meiko se rendant l'école des geishas.

Ce bonhomme vert par exemple est très connu, planté toute la journée devant le plus vieux parc d'attraction du Japon.

On peut aussi voir des acteurs de rue tournant les ninjas en ridicule, la grande joie des badauds. Nous sommes allés avec un des fils de ma famille d'accueil dans un petit parc Tokyo, entouré de buildings dans le quartier des affaires. On peut y déguster un thé vert servi dans la pure tradition de la cérémonie du thé aussi rapidement que de prendre un café dans un bar parisien.

Le quartier d' Akihabara est un quartier de Tokyo très connu par tout geek qui se respecte. Il est rempli de magasins de tailles diverses vendant prix des souvent très intéressants du matériel informatique, des jeux vidéos,gadgets électroniques derniers cris, etc. C'est le paradis des otaku, terme japonais désignant des geeks, gamers ou maniaques extrêmes la vie sociale inexistante. Les Japonais me les décrivent portant un cartable énorme sur le dos, courbés, regardant leurs pieds dans la rue quand ils sont obligés de sortir.

Nous sommes ensuite allés dans le quartier jeune d'Harajuku; c'est ici qu'on peut trouver des jeunes habillés n'importe comment la dernière mode ou habillés en héros de mangas déambuler comme si de rien n'était dans les rues bondées. La rue Omotesando est une avenue regorgeant de magasins de mode, donc entre autres bien sûr de marques françaises de luxe. Il y a aussi quelques photos du coucher de soleil; mon appareil photo est très bien mais je commence comprendre pourquoi photographe, c'est un métier.

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Yasukuni

21 juillet 2008 photos 0 commentaires

Retour à Tokyo pour une visite du palais impérial... Enfin plutôt des jardins, puisque la famille impériale vit dans le palais à plein temps et ne laisse bien sûr pas le champ libre aux touristes. Si j'ai bien compris il y a une journée dans l'année durant laquelle c'est ouvert. Bah les jardins, ils ne cassent pas trois pattes à un canard...

Le sanctuaire Yasukuni ensuite; vous en avez peut-être déjà entendu parler. Les cendres de soldats morts pour le Japon y sont conservés et des hautes personnages politiques vont parfois y rendre hommage aux combattants. Le hic, c'est que des soldats reconnus criminels de guerre (lors de la Seconde Guerre Mondiale et des invasions en Chine entre autres) font partie du lot, et que certains Premiers Ministres (entre autre Koizumi) ont déclenché de vives polémiques en allant prier à Yasukuni. Voilà pour la petite histoire, mais là-bas comme ailleurs au Japon on pouvait toujours se brosser pour avoir des explications en anglais...

J'ai ajouté quelques photos prises en passant dans le quartier de Shinjuku à Tokyo, juste pour le fun.

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Enoshima

19-20 juillet photos 4 commentaires

Petit week-end de trois jours; Lundi c'est ?みのひ ume no shi, le jour de la mer, et c'est férié. Samedi Izakaya avec des étudiants des universités de Waseda et Keio, ensuite départ pour Kamakura chez des amis Japanais, les Yamazaki. Dimanche petit tour de Kamakura, le temple. Un mariage "public" y était célébré, shintoiste et traditionnel.

J'ai retrouvé quelques trucs Kamakura; l'argent de la Triforce(cf Zelda):

et mon frère Antoine qui sert la publicité des cours de japonais de la ville (ici en train de coacher des étudiants pour des crêpes la bretonne).

Nous sommes aussi allés rendre visite au grand Bouddha, le ?ぶつ Daibutsu et ses sandales. Nous sommes allé ?の?ま e no shima (l'île de l'embouchure) le "Mont Saint-Michel" japonais en croire M.Yamazaki. En pratique c'était une presqu'île accessible uniquement marée basse avant qu'un pont ne soit construit, et maintenant c'est un lieu très apprécié des touristes et des baigneurs, ça fait un peu Cannes avec des longs trottoirs en bois au-dessus des plages. Truc sympa manger dans le coin: prenez une pieuvre entière (ça marche aussi avec les calamars), mettez la entre deux plaques chaudes dans une sorte de machine gaufre, fermez, squeezer fond et attendez quelques instants: c'est prêt ! Une fine galette de pieuvre chaude et croustillante, on voit même les yeux et les traces de tentacules...

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Le petit homme gris

14-18 juillet 2008 photos 34 commentaires

Fin de ma première semaine de stage. Commencer à bosser un 14 juillet pour un Français c'est pas évident !

Bien sûr, j'étais tiré à 4 épingles pour mon premier jour chez IBM. costume gris, chemise immaculée et cravate rose framboise (ma préférée), c'était sympa... Au début de la journée. Je suis parti au travail à vélo, je ne suis qu'à 15 minutes. C'est sympa la bicyclette, surtout au Japon où il fait chaud et humide. Ca permet d'avoir un peu de vent, et les automobilistes japonais font attention. Je croise sur mon chemin des lycéennes en uniforme, des salarymen en costume comme moi, et tout ce petit monde en vélo.

Mon premier jour a été éprouvant: bien sûr une fois le vélo arrêté j'ai subi la chaleur et en moins d'une minute de marche j'étais dégoulinant (hum...., sympa). Arrivé à la réception du complexe je me rends compte que mon rendez-vous avec mon contact IBM devait se faire à la gare... Un lapin, un, ça commence bien ! Heureusement toute l'équipe est très sympa, plutôt des jeunes et tous parlent au moins un peu d'anglais. J'ai découvert avec beaucoup de bonheur que chez IBM depuis 8 ans c'est "business casual" tous les jours. Au début uniquement le vendredi et pour faire des économies d'énergie, aujourd'hui on ne voit pas une veste ou une cravate dans les locaux d'IBM. Ca m'évitera de trop souffrir, c'est déjà dur même en bras de chemises. Le premier jour on ne savait pas quoi me donner, donc ma première tâche a été de faire une présentation PowerPoint pour mon accueil. Et là, je bénis l'ESSEC pour ces moments perdus passés devant ce logiciel, puisque sans ça l'utilisation des menus en kanjis japonais aurait été très très douloureuse.

Autre gaffe; oublier les clés des ses tiroirs à la maison. Pas mal aussi, ça fait drôle quand dans l'ascenseur un employé d'un autre département vous demande comment l'histoire s'est finie (bah, j'ai du retourner chez les Kawamata et revenir, 1 heure de perdue que j'ai rattrapée à la fin de la journée).

Je bosse dans le département "Information Management" dans une équipe d'une dizaine de personnes, plus concrètement j'aide mon supérieur sur son projet de logiciel de transcription de noms japonais et étrangers en caractères japonais et latins. Explication de l'utilité du truc: Plusieurs Japonais peuvent avoir les mêmes idéogrammes comme nom avec des prononciations différentes, ou encore des noms qui s'écrivent différemment mais se lisent de façon identique. De plus la transcription en caractères phonétiques japonais des noms étrangers est un problème au Japon au niveau des administrations: ainsi la police par exemple aimerait savoir comment se dit et s'écrit "Oussama Ben Laden" en Japonais, ça peut toujours servir à déjouer des trucs pas cools. Je caricature mais le but est d'automatiser et d'optimiser les transcriptions dans un sens ou dans l'autre, à l'aide d'une base de données (dictionnaire) que je vais entre autre fournir en mots français, anglais et allemands avec leur transcription en katakanas (caractères phonétiques). Je dois aussi comprendre le programme (en développement encore) et y apporter les changements nécessaires pour une utilisation efficace (par exemple j'ai dû implémenter un clavier virtuel pour entrer les accents, cédilles, umlaut, tildes et autres réjouissances des écritures européennes qui ne sont pas présentes sur les claviers japonais et que les Japonaise ne comprennent pas. Pourtant ils sont bien sûr nécessaires à la bonne prononciation des mots, et ça va permettre au logiciel de mieux "apprendre". Parce que c'est là qu'est le truc fun et excitant (je m'auto-motive hein, je dois faire un rapport sur ce truc alors je dois rester à bloc); le logiciel apprend ! On ne sait pas trop comment il va réagir avec toutes ces nouvelles entrées (c'est aussi mon boulot de regarder comment il évolue dans sa compréhension des phonèmes), mais on espère qu'il va pouvoir s'améliorer quand il aura bien compris que Richard se dit "li-sha-ru", que Arbeit se prononce "a-lu-ba-i-to" et Miller "mi-ra-a". Donc je code, je vérifie, je vais faire des stats et regarder bébé apprendre petit à petit. En gros le boulot d'un ingénieur stagiaire pour l'instant, ça me va !

D'ailleurs il n'y a que des ingénieurs ici, et c'est assez rigolo à voir: nous sommes tous en open-space et chacun a son PC portable (un ThinkPad, mon préféré !) son petit bureau, avec des citations et des maquettes de Star Wars, des casques de chantier, des peluches énormes et kitsch, des affiches pour s'auto-motiver (genre "Deadlines make me laugh"), des blagues de geeks, etc. L'ambiance est vraiment détendue, on entend souvent discuter et rire au boulot et notre supérieur est très cool. Nous sommes allés faire un Izakaya tous ensemble cette semaine, ie boire et manger à la santé des nouveaux (dont moi).

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Rien

Samedi 12 juillet 2008 photos 2 commentaires

Aujourd'hui, pêche à l'écrevisse avec ma nouvelle famille d'accueil, dans un parc fait exprès pour... Rien de mieux à raconter pour le moment !

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Yamato

Vendredi 11juillet 2008 photos 2 commentaires

Départ tôt d'Hirakata, je quitte les Satake pour une nouvelle famille d'accueil. On gardera le contact, ils sont vraiment adorables.

Avion pour Tokyo, ensuite une heure de bus pour Yamato, et je rencontre Mrs Kawamata. La maison est à une station de train des bureaux d'IBM, si j'ai bien compris je peux même y aller en vélo en 15 minutes environ. J'ai ma (grande) chambre avec futon et tatami pour dormir, un bureau, des placards: le luxe !

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Izakaya

Jeudi 10 juillet 2008 photos 0 commentaires

Aujourd'hui, cérémonie d'adieu: chant japonais, morceaux de piano, valse, rock'n roll et enfin chorégraphie du BDE ESSEC de cette année. ?a a plu, de toute façon si ça n'avais pas plu on n'y aurait vu que du feu puisque les Japonais restent les rois des applaudissements et félicitations diverses.

Ensuite Izakaya avec les étudiants de Kansai Gaidai: encore une fois très sympa ! Ce concept de bar-restaurant avec commandes à volonté (2000 Yens, ie 12 euros) est vraiment excellent.

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Sentô

Mercredi 9 juillet 2008 photos 3 commentaires

Démonstration de ???ど kendo, art martial de combat au sabre, exercices et entraînement. Très intéressant et impressionnant: le cri des combattants selon coup porté.

Il n'y a pas ou peu de défense ou de coups parés, ici le jeu est, sabres croisés, de réaliser un des mouvements permis pour frapper l'adversaire à un point précis le plus rapidement possible.

Ensuite direction le ???と? sentô, bains publics. Avant de rentrer dans les bains publics japonais, comme pour les baignoires traditionnels, il convient de se laver puis d'enlever toute trace de savon qu'il pourrait rester (c'est très impoli sinon). Il y a des bains chauds, très chauds, froids, des hammams (l'équivalent) et un bassin électrique. Entre deux plaques de métal des décharges sont libérées et font se contracter tous les muscles, ça fait un peu mal et moi ça me fait des crampes. Enfin un bassin est au thé vert pour ses vertus médicinales...

Spécial !

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Sake

Mardi 8 juillet 2008 photos 2 commentaires

Visite de la brasserie de ?? sake. Dégustation de 3 sortes de sake, dont un à la prune. Les Japonais peuvent entendre par "sake" tous les alcools, donc il faut préciser ?????? nihonshyu (alcool du Japon) pour parler du sake tel que connu en France.

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Fast-culture

Lundi 7 juillet 2008 photos 2 commentaires

c sa

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Retour à Osaka

Dimanche 6 juillet photos 4 commentaires

Aujourd'hui visite du château d'Osaka, vu de loin il y a quelques jours. Extrêmement important pour l'histoire du Japon en tant que nation, il a été détruit et reconstruit à plusieurs reprises. Ce qui reste aujourd'hui n'est que la tour principale de cette immense forteresse qui avait vocation à impressionner les 3 empires de Chine, de Corée et du Japon.

Cette tour sert maintenant de musée (avec air climatisé, comme tout ici -bus, trains, magasins, etc.), et on ne peut voir de l'architecture que des maquettes (assez kitschs au demeurant). On a une vue bien dégagée d'Osaka en haut de la tour, mais à part le terrain de base-ball (sport national), pas grand chose à remarquer.

Petite balade ensuite dans le centre agité d'Osaka pour essayer de me trouver un portable avec carte prépayée. Les Japonais ont quand même quelques kebabs (si j'ai la nostalgie de Cergy...) au centre d'Osaka, et un crabe rouge géant qui bouge sur la façade d'un magasin (oui !).

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Geishas

Samedi 5 juillet 2008 photos 1 commentaires

Week-end avec la famille: direction Kyoto avec Otoo-san et Okaa-san. Nous avons un peu visité le centre historique, là où sont reçus en général les hommes politiques étrangers en visite. Kyoto est la ville de prestige du Japon, capitale historique du pays et fierté nationale. Des écoles de ??? geisha y sont encore implantés, et on peu en voir dans les rues. Je ferai un petit aparté sur les geishas quand j'en aurai le temps. Des temples, la plus grande tour du Japon, des glaces au thé verts, etc. j'ai la flemme de raconter, mais il y a plein de photos.

Vous avez sûrement le cliché que les Japonais adorent poser. Rien de plus vrai ! A voir leur comportement on a parfois l'impression qu'ils tueraient père et mère pour se faire prendre en photo à côté de tel monument, de tel personnage hyper-kitsch, etc. Il faut pour eux être sur la photo, et poser; j'ai donc du mal à ne pas me faire prendre en photos par okaa-san et otoo-san, et ils n'ont pas l'air de toujours comprendre que je veux prendre une "belle" photo d'un monument ou d'un jardin sans personne dessus. Les Japonais n'ont par ailleurs visiblement pas peur de dénaturer leurs monuments historiques en installant dessus des écrans, câbles, projecteurs, le tout assez visible...

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Karaoké

Vendredi 4 juillet 2008 photos 0 commentaires

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Bowling

Jeudi 3 juillet 2008 photos 5 commentaires

Aujourd'hui, atelier calligraphie. Nous commençons à retenir quelques kanjis à force de les voir, le but est maintenant d'avoir la théorie nécessaire pour les écrire correctement. A commencer par l'ordre des traits, qui peuvent être au nombre d'une dizaine. Il est important de les faire dans un certain ordre et un certain sens pour reproduire facilement un beau kanji, de la même manière qu' il sera difficile de tracer une lettre de notre alphabet cyrillique à l'envers.

Les kanjis sont composés de clefs. Les clefs peuvent apportent du sens au kanjis, ou tout simplement servir à indiquer la prononciation. Les kanjis peuvent être divisés en zones, dans lesquelles prennent place les clefs. Ces divisions peuvent être horizontales ou verticales, il peut y avoir une zone centrale et d'autres autour (en haut et à gauche, en bas et à droite, etc.) donc les combinaisons sont multiples. Par exemple la clef de la femme surmontée de celle de la maison forment un kanji, qui signifie la tranquillité, la sérénité. ?a n'est pas malheureusement pas souvent aussi simple et les clefs ne servent aussi parfois qu'à indiquer la prononciation, donc tout ça demande du travail. En plus de ça les Japonais veulent faire des beaux kanjis, voir par exemple le travail du maître. Voici mon oeuvre, sur 3 kanjis qui signifient ?中?? "au milieu du travail/souci/occupation, il faut trouver du temps pour le loisir":

Kanjis

La lecture en japonais se fait ici de haut en bas et de droite à gauche. Le caractère ? en haut à droite est composé à gauche de la clef du coeur, et signifie que le coeur est pris, occupé (travail/souci/occupation). Le caractère 中 en bas à droite signifie "au milieu de". Enfin le caractère ?? en haut à gauche est composé des clefs de la porte (les deux battants) et de l'arbre (au milieu); on voit l'arbre à travers la porte/fenêtre, c'est donc le loisir. La petite écriture, c'est mon nom transcrit (phonétiquement) en kanjis.

Après l'étude de kanjis nous avons un cours sur l'économie japonaise, les habitudes professionnelles, l'échange des ??? meishi (cartes de visites), etc. La meishi est un outil de travail et de communication très utilisé au Japon, et un petit rituel l'accompagne. Il faut donc présenter sa meishi (le plus jeune et/ou le plus bas dans la hiérarchie de l'entreprise d'abord) en prononçant distinctement son nom et son prénom, puis la tendre de la main droite (le côté écrit en japonais visible), et saisir celle de son interlocuteur de la main gauche. Il faut ensuite poser celle-ci devant ou à côté de soi, pour montrer son intérêt, et ne surtout pas la ranger tout de suite. Il faut de plus la ranger dans un porte-cartes, un portefeuille ou autre mais ne pas la mettre dans sa poche, où elle pourra être écornée.

Soirée consacrée au bowling avec des étudiants canadiens, chinois, américains et un ou deux japonais. On a pu constater encore une fois le besoin presque maladif des Japonais de tout organiser, et nous avons pris le train sous la surveillance du staff du programme d'échange Hirakata...

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Tradition

Mercredi 2 juillet 2008 photos 1 commentaires

Cours de japonais le matin, puis déjeuner dans un grand restaurant traditionnel avec des membres d'une association de business women japonaises. Comme d'habitude il fallait enlever ses chaussures, mais dans ce restaurant les serveuses étaient en kimonos, la nourriture extrêmement bien présentée et on a eu le droit à de nombreux discours. Les Japonais sont fatiguants avec leurs discours, ils en font tout le temps et partout. Il faut alors écouter les remerciements avant (pendant) et après quoi qu'il ait été dit...

Une classe de l'école élémentaire est venu nous faire un spectacle traditionnel, je vous laisse juger de la performance de ces bambins de 5 ans (!). Les ESSEC se sont aussi essayé aux percussions, avec moins de virtuosité...

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Otaku

Mardi 1 juillet 2008 photos 3 commentaires

Nous avons eu le droit le matin à notre premier cours de japonais sur place. 2 heures de cours individuels avec des professeurs japonais pour chacun des 17 étudiants du programme; c'est tellement efficace ! J'ai enfin quelqu'un sous la main qui parle un peu anglais et peut répondre à des questions précises sur la langue rapidement. Les Satake parle un tout petit peu anglais, mais la moitié des mots qu'ils connaissent ne sont pas reconnaissables à cause de l'accent.

L'après-midi nous avons eu quelques notions de ???? kanji (idéogrammes japonais) exposées par des japonaises étudiant le français. C'était intéressant, mais cela a dû leur faire faire plus de progrès qu'à nous (elles parlaient plutôt bien français, mais les kanjis qu'on a vu étaient trop difficiles à retenir à mon goût et peu utiles dans l'immédiat).

Après cette introduction aux kanjis nous avons zoné dans le centre commercial d'Hirakata, essayant entre autres les ?????? puri kura (contraction japonisée de "print cabine"); sorte de photomatons à thème avec lesquels des fonds colorés sont disponibles, et avec la possibilité avant impression de rajouter des mots, animaux, petits coeurs, étoiles et objets de toutes sortes, colorer les cheveux, etc. Kitsch mais très marrant ! Les parties d'arcade (il y a des salles partout ici) coûtent très eu chers (100 yen, ie un peu moins de 60 cents) et nous nous y sommes donné à coeur joie.

Assoupi dans le bus au retour (je suis à environ 45 minutes en bus du centre de la ville) je me suis réveillé au terminus: le chauffeur m'a gentiment demandé où je voulais aller en voyant que le pauvre ????? gaijin (étranger) que je suis regardait désespérement autour du bus en cherchant à se repérer. Il a fait signe à un collègue qui redescendait la ligne, et qui m'a (gratuitement) embarqué. Sympa ! Les Japonais sont en général très accueillants, même si bien souvent ils refusent de s'asseoir � côté de moi dans le bus bondé et préfèrent rester debout...

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Nipponeries

Lundi 30 juin 2008 photos 2 commentaires

Fin du week-end, je retrouve mes camarades du programme aprs notre premier jour avec la famille d'accueil. Au programme: dpart pour la ville d' Osaka afin de rendre une visite de courtoisie au gouverneur de la prfecture et l'entreprise Panasonic (prononcez "Panasonikou"), qui tous deux sponsorisent le programme Hirakata de l'ESSEC. Nous avons eu le loisir de voir (pas de visiter malheureusement) le chteau d'Osaka, qui a t un des lieux les plus importants du Japon mdival, lors de l'unification du Japon au XVIme sicle. Osaka a t la capitale japonaise au VIIme sicle, avant qu'elle ne soit dplace Nara, puis Kyoto et enfin Tokyo. Ce chteau est un des plus connus du Japon, et il a de la gueule (cf photos des douves).

Je ne vous raconte pas les visites dans le dtail: la premire tait de courtoisie, donc discours, et la seconde a consist couter Panasonic se faire de la pub, avoir des dmonstrations des systmes stabilisateurs pour appareils photos ou du plus grand cran plat du monde qui bientt grce la technologie descendra vos poubelles et ne laissera allume que la pice de la maison o vous vous trouvez (en l'occurrence votre salon, que vous ne quitterez plus), et recevoir un stylo dont le corps a t fabriqu partir de fts de chne dans lequel a vieilli du whisky pendant 50 ans (parce que Panasonic recycle et a c'est bien pour les bbs phoques). Bah il se trouve que le stylo marche mal, avec un corps en ft de chne imbib de whisky ils auraient pu mettre un stylo potable...

Retour ensuite Hirakata: nous avons repr une librairie dans laquelle il sera possible de nous procurer des mangas pour bosser notre japonais. C'est peut-tre le moment de dfinir exactement ce qu'est un まんが manga: il s'agit d'un style d'dition spcifique qui imprime en masse et sur du papier de faible qualit des bandes dessines dont le trait est plus ou moins prcis (certains mangakas, auteurs de mangas, s'appliquent normment pour faire des dessins de qualit, mais la plupart font souvent a au doigt mouill). Les mangas sont exclusivement ou presque en noir et blanc, et abordent tous les sujets possibles et imaginables. Certains s'adressent aux enfants, d'autres aux ados, d'autres aux garons ou filles seulement, d'autres encore aux adultes avertis de la violence ou de la crudit de certains dessins, etc. Le manga japonais a souvent une mauvaise rputation en France car les mangas qui y ont du succs s'appuient bien souvent sur des scenarii simplistes et/ou violents. Notre tradition en la matire est plutt la BD couleur grand format, sur du beau papier, couverture cartonne et pendant longtemps adresse aux enfants.

Bref, certains mangas ont l'avantage de s'adresser aux jeunes, voir trs jeunes, les Japonais qui n'ont pas encore appris lire beaucoup de kanjis (idogrammes). Ces kanjis figurent alors avec leur transcription en kanas (syllabes), que l'on apprend trs tt et que nous connaissons. Cela pourra tre utile pour bosser notre vocabulaire, puisque ce dernier est trs difficile retenir cause du faible nombre de syllabes, donc de sons, existant. Nous confondons les mots tout le temps, d'autant plus que beaucoup ont plusieurs sens trs diffrents.

Petite liste non exhaustive autour du h aspir, du a et du i:
-はち hachi (h aspir, prononcez "hatchi"): abeille, huit
-あし ashi : pied
-はし hashi : baguette, pont
-し shi: quatre
-いしゃ ishya (prononcez isha): docteur

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Première visite

Dimanche 29 juin 2008 photos 6 commentaires

Ma famille d'accueil, les Satake (おかあさん okaa-san et おとうさん otoo-san comme ils m'ont demand� de les appeler, respectivement maman et papa) m'ont emmen�s � Kyoto dans le quartier d'Uji. A partir d'Hirakata cela fait en tout 1h30 de voyage environ. J'ai pu visiter sous la pluie みむろとじ Mimurotoji, jardin escarp� rempli d'hortensias avec � son sommet un petit temple, de quoi sonner du gong et une petite pagode. Des lotus �taient pr�sents en nombre dans les petites �tendues d'eau qui s�parent les diff�rentes parties du jardin. Jardin "zen" avec uniquement des graviers � ratisser et quelques pierres, jardins rocailleux et mousseux reli�s par des petits ponts de bois et sur lesquels quelques fleurs survivent, parterres d'hortensias. On peut y voir aussi les empreintes de main de champions de sumo (cf la photo: aucune id�e s'il s'agit des champions actuels, ce qui est possibles puisque les plaques semblent changeables). J'ai y ai vu une esp�ce de poisson appel�e じんめんぎょ jinmengyo (poisson � visage humain), une photo en grand plan est visible. Ces poissons respirent bien par des branchies, mais ont sur la t�te un renflement qui fait penser � un nez, et de haut c'est assez frappant.

Toujours� dans le quartier Uji, nous sommes ensuite all� d�jeuner dans un くるくるすし kurukurusushi, type de restaurant tr�s sympa dans lequel les clients choisissent leurs assiettes sur un tapis roulant. Ce tapis forme un cercle, au milieu duquel les cuisiniers pr�parent les mets sous nos yeux. Surtout des sushis, mais aussi des calamars fris, saucisses, brochettes de viande, etc. Les assiettes ont diff�rentes couleurs et les clients r�glent apr�s le repas selon le nombre et la couleur des assiettes pr�sentes sur leur table.

Direction le びょどいん Byodoin ensuite: c'est un parc dans lequel se trouve un superbe temple entour� d'eau. Je vous laisse juger selon les photos. Sur l'une d'elle je pose avec okaa-san, otoo-san et Tyler, un �tudiant canadien en �change qui habite chez les Satake depuis un an. Enfin pour clore cette journ�e, nous avons pris une "macha soft cream" (prononc� � la japonaise cela donne まちゃソフト・クレム matcha sofuto kuremu); une glace au th� vert. Imaginez une glace italienne verte presque fluo, au go�t amer de th� vert japonais. C'est tr�s bon, tr�s rafra�chissant par ce temps (toujours chaud et humide) et le quartier d'Uji est para�t-il r�put� pour son th� vert traditionnel.

Le soir pour le d�ner j'ai eu le droit � des ござそろ goza soro: beignets fourr�s � la p�te de haricots sucr�e. J'ai trouv� �a excellent, mais c'est assez sp�cial... D'ailleurs mes compatriotes n'en sont pas du tout, mais alors pas du tout, friands.

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Le Japon me donne soif

28 juin 2008 photos 5 commentaires

Je n'arrête pas de boire, ça doit être le temps. D'ailleurs le café glacé en cannette c'est pas top.

Après une nuit de sommeil et un bon petit-déjeuner bien mérités, nous partons tous pour la ville d'Hirakata, où se passera les deux semaines de "séminaire culturel" (cours de japonais, visites, cérémonie du thé, Kendo, bains chauds, etc.) à venir. Petite visite à l'arrivée; Combini (convenient store, ouverts 24h/24 et 7j/7), Netto Café où l'on peut se poser dans un box pour utiliser internet, lire des mangas à disposition, faire des parties de billard, massage, etc., magasins "tout à 100 Yens"...

Après une cérémonie de rigueur, les étudiants du programme sont répartis dans les différentes familles d'accueil. La mienne à l'air très sympa, je vais passer le dimanche avec elle. Au repas du soir j'ai pu essayer le natto, je vous dirai exactement ce que c'est quand je le saurai, mais c'est connu, c'est collant, pas très bon et c'est à base de haricots. Ensuite nuit "sur tatami"; en pratique le tatami c'est le sol, sur lequel on installe un futon (une couche moelleuse, une paillasse en bambou frais, puis de nouveau une couche qui fait office de couette).

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Le Japon...en avion

27 juin 2008 photos 5 commentaires

Hé oui, "Chez Momo" dans l'aéroport de Tokyo.

Premier voyage en avion de 12h, Paris-Tokyo. Long et fatigant, malgré le petits écrans derrière les dossiers permettant de jouer (vieux jeux d'Atari, PopCap Games, Tetris et autres passe-temps, dont une méthode d'apprentissage des phrases indispensables en japonais), de regarder des films (caméra embarqué dans l'avion -captivant-, films classiques et navets, pas de quoi casser trois pattes à un canard) ou découter de la musique (japonaise surtout). On se lasse vite, la meilleure alternative est donc de dormir quand on y arrive. Chose curieuse: environ 4 heures après le départ, quelque part au-dessus de la Russie, je me suis aperçu qu'on voyait le soleil comme en plein jour. Je suppose que nous étions assez au Nord pour avoir des nuits très courtes...

Une fois arrivée à Tokyo, battement de 5 heure avant le vol interne pour Osaka. Nous en avons donc profité pour sortir un peu et faire nos premiers pas au Japon (proprement dit, pas le sol de l'aéroport). Temps chaud et lourd, mais clément pour la saison nous a-t-on dit. Les Japonais ont vite compris quelque chose d'important me semble-t-il: au lieu d'importuner la majorité des gens pour le plaisir de certains et de ne réserver que quelques havres de tranquillité pour les non-fumeurs qui n'apprécient pas la fumée, les Japonais dans les principales villes n'ont le droit que de fumer dans des lieux fermés et aérés, vraiment à l'écart pour ne pas gêner. Ainsi on a pu voir dans les rues, les centres commerciaux et les restaurants des coins-fumeurs. Parfois de simples cages en plexiglas aérées, comme ici sur les photos, ces endroits peuvent êtres très spacieux et équipés en distributeurs.

Chose promise, chose due: photo de toilettes japonaises

Direction Osaka en avion, puis Kyoto en car pour rejoindre notre hôtel. Marrant l'hôtel; vous verrez sur les photos les toilettes sur-équipées (j'avais dit que j'enverrai une photo de toilettes japonaises !) avec lunette chauffante, différents boutons aux logos suggestifs pour régler la puissance, la température et le type de jets après "opération"... La chambre était munie de Yukata (tenue traditionnelles légère portée en intérieur, qui peut faire office de robe de chambre), très confortables par ce temps.

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