Salaryman

16 novembre 2008 photos 185 commentaires

Déj bientôt 5 mois au Japon, dont 17 semaines de stage. J'ai envie de faire un petit bilan.

Donc, 5 mois. Environ 150 jours, 49 billets et plus de 500 photos sur ce site. Des milliers de choses curieuses raconter sur le Japon, auxquelles je pense et que j'oublie. J'ai du mal être régulier dans mes billets et ne rien oublier.

Par exemple, prenez mon nouveau stage. J'ai commencé il y a trois semaines, et il ne m'en reste que quatre. Trois semaines prendre tous les matins le train sur la 中央? Chuo Line bondée, plein craquer de salarymen empressés et souvent malpolis, dans lequel je médite sur la condition humain et celle des Japonais. On pourrait supposer un "contrat social" japonais qui expliquerait pourquoi les Japonais subissent tant dans les transports, autorisent le personnel de la gare les pousser dans les wagons pour que les portes ferment (souvent aux heures de pointe) et leurs voisins de les piétiner sans vergogne. Je n'ai jamais vu un Tokyoite se laisser aller, au travail dans les transports ou ailleurs, la galanterie ou la simple courtoisie gratuite. Mes collègues me laissent passer dans l'ascenseur, parce que je suis le petit stagiaire étranger et qu'ils sont habitués voir des stagiaires japonais craignant leur propre ombre et plus encore celle de leurs supérieurs pendant leur stage éclair de 2 ou 3 semaines. Mais tout autre statut leur est indifférent. C'est certes de la galanterie (délicieusement) surannée, mais beaucoup de Français cèdent parfois leur place, laissent passer un membre du beau sexe ou sont un peu honteux de ne pas le faire. Ici c'est différent, la société s'est mis d'accord pour faire la part belle au salaryman homme d'âge mûr (ojisan). Je suis loin de l'âge mûr, mais j'ai le droit au même traitement au travail. Dans l'ascenseur ou les lieux publics les femmes paniquent souvent quand je leur cède le passage, même lorsqu'elles sont plus proches de la sortie que moi. Souvent elle passent sans dire un mot, anxieuses et dérangées de mon comportement étrange... Bien sûr elles comprennent, mais elles sont surprises, et certaines collègues me disent "Ah oui, c'est vrai, en France c'est ladies first", comme on dirait en France "Ah oui, c'est vrai, au Japon ils mangent du poisson cru et ne mangent pas de pain", avec le même degré d'exotisme...

Donc, pas de galanterie, jamais, et d'après mon expérience une femme japonaise essaiera toujours de laisser passer ses collègues masculins sur son lieu de travail (ascenceurs, bureaux, ...), même les étrangers. Par contre le métro est un autre microcosme. L , c'est la jungle. Toujours pas de galanterie, mais pas de respect non plus. Les personnes âgées, les femmes enceintes, tout le monde s'en moquent comme de l'an quarante. Le salaryman japonais dont la rapidité et souvent la viciosité lui auront permis de trouver une place assise restera assis en toute occasion, sûr de lui, et les plus sensibles qui pourraient éprouver de la honte font semblant de dormir lorsque cela les arrangent. Ils n'hésitent s'asseoir que quand ils ont peur. Toujours selon mon expérience, il y a deux situations dans lesquelles cela arrive. La première: le salaryman entre dans le wagon avec son supérieur, pour aller/revenir du travail ou d'une sortie entre collègues. L , une place est libre, le salaryman l'offrira plus ou moins obséquieusement son supérieur. Deuxième situation: un étranger (gaijin) se trouve devant la place. C'est souvent moi dans mon histoire. Le Japonais moyen essaiera toujours de saisir une place libre dans un wagon, même si trois personnes sont manifestement en attente et plus proche de cette place. Mais le gaijin peut changer la donne. On me regarde souvent bizarrement dans le train, la dérobée, alors même que l'on est Tokyo. Voir un jeune occidental en costume aller au boulot en même temps qu'eux doit leur faire un effet étrange. Ajouter cela quelques habitudes que j'ai qui leur semblent bizarre, par exemple celle de m'adosser aux portes, aux parois ou aux barres, pour avoir un bon équilibre et pouvoir bouquiner tranquillement. Ici les wagons sont bien souvent divisés proprement en deux, chaque moitié du wagon regardant sa paroi, le milieu regardant le dos du voisin. Donc je me retrouve face face avec mes compagnons involontaires, et ils n'aiment pas toujours ça. Une autre habitude que j'ai est de soupirer quand je suis énervé ou fatigué. ?a m'échappe dans les transports quand je me fais quasiment arracher le bras par une horde de Japonais qui se bat pour sortir du wagon, et on me regarde comme si j'allais frapper tout le monde alors qu'un Japonais peut se racler la gorge et renifler de façon dégeulasse (c'est trèa fréquent chez les hommes) sans que personne ne le remarque.

Mais je m'égare. Donc, je disais, parfois je leur fais peur et ils n'osent pas s'asseoir quand un siège se libère devant moi. Je ne sais pas trop ce qui leur passe par la tête, mais toujours est-il qu'ils me dévisagent souvent avant de s'asseoir, ils ne doivent pas croire leur chance et se demandent pourquoi refuse le siège. Et bien au début c'était parce que je méprise ces petits jeux mesquins, maintenant je laisse une place libre pour faire un heureux et voir leur expression chafouine quand ils se rendent compte que non, je ne vais pas m'asseoir, même si je suis le plus proche, et que donc ils peuvent commencer donner des coups de coudes pour choper une place. Struggle to sit.

Je reviens mon quotidien: donc, dans le train, c'est bondé, tout le monde se marche dessus, ne s'excuse pas, et les gens bourrinent pour entrer dans les wagons déj blindés. Et tout le monde souffre en silence, tout le monde lutte pour entrer et sortir des wagons. Bien sûr, personne n'a le choix, mais en France de telles situations dégénéreraient vite en insultes voire en coups, ici on subit pour le bien collectif.

M'enfin... Mon nouveau stage est vraiment bien, je fais du benchmarking sur l'industrie nucléaire et ça m'intéresse. Comme dans mon ancien stage au laboratoire de recherche, il y a des petites musiques régulièrement, mais pas les mêmes, pour marquer le début de la journée, la pause, le déjeuner, et la fin théorique du travail. Ces petites musiques selon mes collègues sont un vestige du temps ou le travail chez Hitachi n'était que physique, et où il fallait régulièrement s'étirer, ce qu'on faisait en musique, ainsi que la gymnastique du matin. La lumière des bureaux est éteinte de midi midi 45, pour empêcher tout salarié de travailler pendant sa pause déjeuner. Sachant que les Japonais engloutissent leur déjeuner une vitesse effrayante, l'idée n'est pas inutile... Mais on trouve toujours des employés travailler, même sans lumière...

Voil , c'était un article aussi subjectif que cathartique, demain je repars pour une autre semaine en tant qu'apprenti salaryman.

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